Unicdefの発表によれば、5歳未満の幼児死亡率が2001年に比して大幅に改善した。とはいえ水準が水準であるから安心はできない。1000人に対し158人である。日本はというと先進13カ国中最悪とはいうものの1000人に対し5例である。彼我の差はとてつもなく大きいといわねばならない。
ともかく幼児死亡率の低下に貢献したのは、蚊帳の普及、ワクチン接種と以下の記事にある。当然であろう。
就学率も10年間で23%改善した。
しかし、教育は既に書いてきたように義務教育にしても無料ではなく、それどころか教員の給与を国家が負担できていない。教材は極端に乏しい。
女性の結婚年齢が低く、18歳未満で約半数が結婚してしまう。すると子供が子供を出産するようなものだ。殆どの既婚女性は毎年妊娠している。避妊のためのコンドームは6個300フランだから1個5円もしない。けれど普及していないようだ。ちょっと金があると、キリスト教信者でも多妻。やたらと子供を作る。キンシャサ地方は母系家族、カタンガ州は父系家族。いずれにしても大家族制。子供はその家族制度に守られているかというと、要は生みっぱなしとかわりない。近代家族法(日本では中川善之助先生からはじまった)はコンゴにもあるけれど、他の法律同様遵守されていない。
僕は教育が変わらない限り、幼児死亡率も就学率も婚姻年齢もこの国がさらに改善していくことは出来ないと考える。ゴミは決まった場所に捨てる、水は沸かして飲む、手を洗う、拾ってものを食べない、、、。既に若者たち、青年たちがこうした基本を知らない。彼らが親になっても子供の教育なんてできない。軍隊の若者が物乞いをする、彼らを僕の車に乗せれば、礼をいうかわりに、お小遣いをくれだって。規律はどこにもない。
さて、希望だけはあるのだろうか。
La mortalité infantile en baisse en RDC, mais des inquiétudes demeurent
(AFP) – 18 sept. 2010
KINSHASA — La mortalité infantile a reculé et l'accès à l'école a progressé depuis 2001 en RDC, mais les enfants souffrent de retards de croissance et leur protection sociale s'est affaiblie, selon une enquête du gouvernement et de l'Unicef publiée samedi à Kinshasa.
Selon cette enquête, réalisée début 2010 dans les 11 provinces du pays, 158 enfants sur 1.000 meurent avant l'âge de 5 ans, contre 213 pour 1.000 en 2001.
"Bien que toujours trop élevé, ce chiffre représente une amélioration significative", a déclaré Pierette Vu Thi, représentante en RDC du Fonds des Nations unies pour l'enfance, lors de la présentation des résultats préliminaires de l'enquête, au côté du ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu.
"La réduction des épisodes de fièvre dus au paludisme, grâce à l'utilisation accrue des moustiquaires et une vaccination de routine plus étendue, sont parmi les facteurs clés" de ce résultat, a-t-elle expliqué.
Concernant l'éducation, trois enfants sur quatre -âgés entre 6 et 11 ans- vont à l'école, soit une hausse de 23% par rapport à 2001, selon l'enquête.
Toutefois, presque la moitié des enfants en dessous de 5 ans souffrent d'un retard de croissance, "une situation alarmante" souvent due à la pauvreté des familles, selon Mme Vu Thi.
"Alors que 80% des enfants des ménages aisés ont été complètement vaccinés, ils ne sont que 20% à l'avoir été dans les ménages les plus démunis", a-t-elle notamment précisé.
En 2010 en RDC, seulement une personne sur sept vit dans des conditions d'hygiène acceptable et à peine la moitié de la population a accès à l'eau potable, selon l'étude. "Une situation qui n'a guère changé au cours des dix dernières années", a regretté la responsable de l'Unicef.
Le secteur de la protection de l'enfance marque "une évolution préoccupante", a-t-elle ajouté, en notant que le taux d'enregistrement à l'état-civil est passé de 34% en 2001 à 28% en 2010. L'acte de naissance est synonyme d'accès aux droits mais aussi de protection contre les groupes armés, qui sévissent toujours dans l'est du pays et recrutent des mineurs.
L'enquête révèle par ailleurs que 42% des 5-14 ans sont touchés par le travail des enfants, ou encore que 45% des femmes âgées 20 à 40 ans se sont mariées avant 18 ans.
Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés. Plus »
lundi 11 octobre 2010
北キヴ州で落盤事故 effondrement dans une mine du Nord-Kivu
カビラ大統領がキヴ州での鉱山採掘停止を宣言したことは既に書いた。しかし、やはり大統領命令の効果はあやしいものだった。 ゴマ市北のレア・メタル(cassiterite 酸化錫、錫石)鉱山で落盤事故があり、少なくとも15名の犠牲者が出たもよう。Effondrement meurtrier dans une mine du Nord-Kivu
L'effondrement meurtrier d'une mine s'est produit dans le Nord-Kivu, en RDC.
Un effondrement meutrier qui aurait coûté la vie à 15 personnes s’est produit en République démocratique du Congo dans une mine de cassitérite, un métal très recherché par l’industrie électronique. Cela s’est passé le 28 septembre dans le Nord-Kivu dans la région de Walikalé. La mine de Bisié convoitée par les rebelles FDLR était depuis peu sous contrôle militaire.
Selon plusieurs témoignages recueillis par des casques bleus et des membres de la société civile, l’effondrement à l’intérieur de la mine aurait fait quinze morts dont deux soldats de l’armée régulière les FARDC. Un bilan difficile à vérifier car l’accès à la mine, -que l’on ne peut rejoindre qu’après un jour de marche-, est désormais interdit. La raison officielle invoquée est la suspension des activités minières décidée par le président Kabila, le temps de nettoyer la région des groupes rebelles.
Cet accident prouve que la consigne n’est pas respectée. Les creuseurs comme on les appelle, ces mineurs forçats, continuent leur pénible travail, non plus pour le compte des rebelles, mais pour le compte des ex-rebelles CNDP, intégrés dans l’armée nationale depuis 2009. Que l’on sache, le minerai n’est pas commercialisé pour le moment mais il est stocké.
Par ailleurs, les officiers ex-rebelles viennent d’envoyer une lettre ouverte au président de la République exprimant leur refus d’être déployés dans d’autres régions. Cette lettre ne parle pas des profits miniers, mais d’une meilleure sécurité contre les groupes armés qui terrorisent la population.
キンシャサ・クラブ club de Kinshasa
キンシャサ・クラブに集合した債権者集団(34)が、80%の借金(386百万ドル)を棒引きする。RDCは10月末までに500万ドル返済するだけ。このあと、10月には有名なパリ・クラブが控えている。債権国や国際機関はRDCに投資してくれないのか。世界有数の資源国RDCである。資源開発の権利で借金を払えないものか。そうすれば雇用が増えるし、インフラも整備される。借金の棒引きは有難いが、その代わりに国の独立性が奪われていくのではないか。
Le club de Kinshasa allège 80% de la dette congolaise
septembre 30, 2010
Trente quatre créanciers de la RDC, réunis au sein du club de Kinshasa, ont accepté d’accorder à la RDC un allègement de 80 % du montant global qui leur est dû ! En contrepartie, la RDC a accepté d’effectuer un paiement de bonne foi de 5 millions de dollars américains, soit 27% du solde qui leur est dû après allègement, d’ici la fin du mois d’octobre.
La RDC, à travers le ministère des Finances, a accepté également d’étaler le paiement de ce solde sur les 24 prochains mois.
Le montant allégé représente environs 386 millions de dollars américains.
Des négociations avec le club de Paris, toujours dans le but de voir la dette de la RDC de plus en plus allégée, sont prévues au mois d’octobre.
Ces accords ont été obtenus à l’issu des négociations de deux jours, entamées le mardi 28 septembre à Kinshasa.
Le club de Kinshasa allège 80% de la dette congolaise
septembre 30, 2010
Trente quatre créanciers de la RDC, réunis au sein du club de Kinshasa, ont accepté d’accorder à la RDC un allègement de 80 % du montant global qui leur est dû ! En contrepartie, la RDC a accepté d’effectuer un paiement de bonne foi de 5 millions de dollars américains, soit 27% du solde qui leur est dû après allègement, d’ici la fin du mois d’octobre.
La RDC, à travers le ministère des Finances, a accepté également d’étaler le paiement de ce solde sur les 24 prochains mois.
Le montant allégé représente environs 386 millions de dollars américains.
Des négociations avec le club de Paris, toujours dans le but de voir la dette de la RDC de plus en plus allégée, sont prévues au mois d’octobre.
Ces accords ont été obtenus à l’issu des négociations de deux jours, entamées le mardi 28 septembre à Kinshasa.
チセケディ大統領選出馬 Tshisekedi, candidat pour l'élection présidentielle
モブツ独裁大統領の時代から野党として活躍したチセケディEtienne Tshisekediが、来年の大統領選挙に出馬するとフランスの雑誌『Jeune Afrique』のインタヴュに答えたそうだ。『Jeune Afrique』誌はアフリカやヨーロッパでよく読まれているアフリカ専門雑誌である。チセケディは前回選挙をボイコットした。公平な選挙ではないという理由からだったと思うが、今回本当に出馬するのだろうか。現大統領カビラにとっては前回のベンバ以上に手ごわい相手だろう。しかし、今年78歳と高齢。殆ど歴史上の人物だと僕は思うが、果たして選挙民はどう判断するだろうか。L'opposant historique congolais et président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UPDS), Etienne Tshisekedi, a annoncé sa candidature pour la prochaine élection présidentielle prévue l'année prochaine en République démocratique du Congo (RDC). "Je me porte candidat à la présidence de la République", a déclaré Etienne Tshisekedi dans une interview parue lundi dans le magazine "Jeune Afrique".
Le chef de l'UPDS a écarté cette fois tout appel au boycott et a affiché son optimisme pour l'issue finale de ce scrutin dont il se voie le gagnant. "J'irai jusqu'au bout. Et je gagnerai. J'en ai aucun doute là-dessus", a-t-il précisé.
Tshisekedi, dont le retour, après trois ans d'absence, est programmé à l'occasion du congrès de son parti qui s'ouvrira le 10 décembre prochain, a affirmé qu'il se sent "apte" pour la présidentielle malgré ses 78 ans."Je me sens apte et je ne serai pas le seul homme de cet âge à occuper de hautes responsabilités. Je ne sentirai la fatigue que lorsque la démocratie aura été installée dans mon pays", a-t-il déclaré.
航空管制システム受注 système de contrôle aérien
RDCは航空機事故が多いことで知られている。特に小さな地方空港で事故が多発している。フランスのThales社がRDCの空港(キンシャサ、ルブンバシ、イレボ、ムバンダカ、ブタの航空管制システムを9月下旬受注した。Thalesは元Thomson CFS。入札だったのだろうか。日本の得意分野とおもわれるが、日本は応札しなかったのかもしれない。
Thales : vend un système de contrôle aérien à la RDC
(Boursier.com) -- Thales a été choisi par le Ministre des transports de République Démocratique du Congo pour fournir un système de contrôle et de surveillance du trafic aérien de dernière génération. Des stations seront installées à Kinshasa, Lubumbashi, Buta, Mbandaka et llebo, chapeautées par un centre de contrôle EUROCAT.
dimanche 10 octobre 2010
ウラン開発Areva社 exploitation d'uranium par Areva (France)
潜在価値 potentialités minières évaluées
どんな意味があるのか、英国の雑誌がRDCの潜在的鉱物資源の価値を評価した。天文学的数字になっている。鉱物資源は市況商品で潜在価値も毎日上下している。しかし、それにしても豊かな国であることは確かである。ただ、その資源をどう使うのか、切り売りするだけなのか、未来への投資はどうなるのか。インフラ、教育、環境、医療、人口、食料、通信等々、問題は山積みで何一つ解決していない。
Les potentialités minières de la RDC évaluées à 24 mille milliards USD
Les potentialités minières de la RDC évaluées à 24 mille milliards USD, voilà qui justifie toutes les convoitises dont fait l’objet le pays. Kinshasa prend-il la mesure des enjeux que peut induire pareille révélation aux fins d’un recadrage de sa ligne politique vis-à-vis de ses partenaires actuels et à venir?
On savait que la RDC est un « scandale géologique » au regard de l’immensité de ses richesses naturelles. Mais, personne n’en a pu estimer la valeur jusqu’à ce jour. Désormais, le tabou est brisé. Il est l’oeuvre de New African, un magazine paraissant à Londres.
En effet, dans un article publié en avril 2010 sous le titre : « The curse of coltan (« La ruée vers le coltan ») ce magazine jette un véritable pavé dans la mare. Le tabloïd évalue, pour le seul secteur minier, le potentiel de la RDC à 24.000 milliards USD. Déjouant ainsi tous les pronostics connus jusqu’à ce jour. Le confrère laisse entendre que cette valeur correspond au produit intérieur brut (PIB) combiné de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique. Bien plus, « Ceci éclipse même les 18.000 milliards de dollars américains de la valeur totale des réserves du pétrole de l’Arabie Saoudite ». Ce qui, en d’autres termes, suppose que l’ex-Congo Belge est classé en ordre utile par rapport aux réserves de toutes les puissances occidentales et orientales. Cette révélation sur l’estimation de la réelle valeur d’immenses ressources que regorgent le sol et le sous-sol congolais renforce l’idée selon laquelle la RDC est une poule aux œufs d’or et que pour cette raison, aucune puissance politique ou d’argent n’accepterait facilement de la laisser tranquille.
En effet, en avril 2010, Valerie Noury, journaliste à New African, a consacré toute une enquête au sujet et est arrivé à ces troublantes révélations liées au secteur minier de la RDC. Après plusieurs recoupements, il est arrivé à la conclusion selon laquelle « la richesse minérale non exploitée de la RDC est estimée à 24.000 milliards de dollars américains ».
Son article fait la part belle au coltan, en donnant quelques précisions sur l’utilisation qui est faite de ce minerai réputé pour ces caractéristiques particulières. C’est, entre autres, sa grande capacité de conserver un haut degré de charge électrique et son excellente résistance à la chaleur dans la fabrication des milliers d’engins, équipements et appareils électroniques, dont les téléphones mobiles, les ordinateurs portables et les engins spatiaux.
UN TABLEAU IMPRESSIONNANT
La RDC possède des gisements contenant une cinquantaine de minerais recensés, mais seulement une douzaine de ces derniers est exploitée: le cuivre, le cobalt, l’argent, l’uranium, le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tungstène, le manganèse et quelques métaux rares comme le coltan. Le pays recèle plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10% de celles de cuivre, 30% de celles de diamant et plus de 70% des réserves de coltan (3/4 des réserves mondiales), un minerai qui entre dans la composition de produits de haute technologie.
En plus de réserves de minerais stratégiques, dont le germanium, la RDC dispose aussi de gisements significatifs encore inexploités d’or, de manganèse, de bauxite et de minerai de fer.
LE PARADOXE DES RICHESSES
Les révélations du magazine New African permettent d’asseoir les mobiles réels des guerres récurrentes qui continuent à fragiliser le processus du retour de la paix en RDC. De même que les raisons de la grande ruée vers la RDC dont l’Occident et la Chine ont fait montre.
Disons-le tout de suite, peser 24.000 milliards USD, ce n’est pas une mince affaire. Un tel poids, en termes de numéraires, ne peut que raviver les appétits gloutons de tous les grands du monde mais en même temps cerner l’intérêt de la RDC sur la scène internationale.
Quoique virtuelle, cette situation devrait plutôt pousser les dirigeants à un sursaut de patriotisme doublé de responsabilité aux fins d’arriver faire vendre la RDC à sa vraie valeur à l’extérieur. Toujours est-il que les révélations de Valerie Noury restent un cas de conscience. C’est une véritable interpellation pour un pays, potentiellement riche, mais ironiquement reconnu pauvre et très endetté. C’est l’univers d’une « République des inconscients ». Allusion faite au nouvel ouvrage du sénateur Modeste Mutinga « RD Congo, République des inconscients ».
Dans cet ouvrage, l’auteur revient sur cet éternel contraste entre un Congo potentiellement riche mais qui figure au 169ème rang dans l’Indice sur le Développement Humain du PNUD sur une liste de 177 pays dressée par le PNUD avec l’espérance de vie la plus basse (43 ans). La RDC présente aussi l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés (un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans).
Cette inconscience des dirigeants et de l’élite de la RDC ne ferait-elle le lit de la convoitise des voisins moins nantis ? Plusieurs études ont prouvé que les tentatives visant à mettre la main sur ces ressources naturelles de la RDC, dont les mines, figurent parmi les raisons des tensions récurrentes dans la partie Est, notamment les deux guerres de 1996-1997 et de 1998-2003. Les enquêtes des panels de l’ONU sur leur exploitation illégale par des réseaux d’élite en RDC, dans les pays voisins et dans les pays de l’OCDE, ont démontré que les revenus des ressources minières et forestières ont été utilisés pour financer ces conflits.
MESURER LES ENJEUX
De loin où elle se trouve, la Chine a pris conscience du poids stratégique de la RDC. Tout de suite, elle a noué un partenariat d’investissements en infrastructures contre des concessions minières. Etait-elle au courant des révélations rendues publiques aujourd’hui par New African ?
Au pays, tout le monde a applaudi sans en mesurer les vrais enjeux. La chine, à l’instar de l’Occident manquerait-elle d’ambition concernant la mainmise sur les richesses minières de la RDC.
La RDC est une puissance financière en devenir. Les capacités, le pays les possède certainement. La valorisation de son potentiel minier passe par l’ouverture à l’extérieur par divers partenariats. Avec comme préalable, l’assainissement de l’environnement des affaires. Ce qui constituerait un véritable attrait des investissements directs étrangers.
Or, sur ce point précis que la RDC patauge et peine à se débarrasser du vieux démon qui le classe dans la queue de peloton du rapport Doing business de la Banque mondiale en matière du climat des affaires. Seul un éveil national doublé d’un recadrage de sa ligne politique pourrait permettre à la RDC de rebondir sur la scène internationale et y jouer véritablement le rôle qui doit être le sien.
Notons cependant que le gouvernement s’est montré réticent sur les révélations de New African. En fait, joint au téléphone par notre rédaction pour réagir à cette publication, un conseiller du ministre des Mines ayant requis l’anonymat a fait savoir qu’il ne faudra pas se fier de manière aveugle aux révélations du magazine londonien. Selon, il faut faire un distinguo entre les réserves certifiées et les réserves estimées. Le débat est donc ouvert.
Kinshasa, 17/09/2010 (LP/MCN, via mediacongo.net)
Les potentialités minières de la RDC évaluées à 24 mille milliards USD
Les potentialités minières de la RDC évaluées à 24 mille milliards USD, voilà qui justifie toutes les convoitises dont fait l’objet le pays. Kinshasa prend-il la mesure des enjeux que peut induire pareille révélation aux fins d’un recadrage de sa ligne politique vis-à-vis de ses partenaires actuels et à venir?
On savait que la RDC est un « scandale géologique » au regard de l’immensité de ses richesses naturelles. Mais, personne n’en a pu estimer la valeur jusqu’à ce jour. Désormais, le tabou est brisé. Il est l’oeuvre de New African, un magazine paraissant à Londres.
En effet, dans un article publié en avril 2010 sous le titre : « The curse of coltan (« La ruée vers le coltan ») ce magazine jette un véritable pavé dans la mare. Le tabloïd évalue, pour le seul secteur minier, le potentiel de la RDC à 24.000 milliards USD. Déjouant ainsi tous les pronostics connus jusqu’à ce jour. Le confrère laisse entendre que cette valeur correspond au produit intérieur brut (PIB) combiné de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique. Bien plus, « Ceci éclipse même les 18.000 milliards de dollars américains de la valeur totale des réserves du pétrole de l’Arabie Saoudite ». Ce qui, en d’autres termes, suppose que l’ex-Congo Belge est classé en ordre utile par rapport aux réserves de toutes les puissances occidentales et orientales. Cette révélation sur l’estimation de la réelle valeur d’immenses ressources que regorgent le sol et le sous-sol congolais renforce l’idée selon laquelle la RDC est une poule aux œufs d’or et que pour cette raison, aucune puissance politique ou d’argent n’accepterait facilement de la laisser tranquille.
En effet, en avril 2010, Valerie Noury, journaliste à New African, a consacré toute une enquête au sujet et est arrivé à ces troublantes révélations liées au secteur minier de la RDC. Après plusieurs recoupements, il est arrivé à la conclusion selon laquelle « la richesse minérale non exploitée de la RDC est estimée à 24.000 milliards de dollars américains ».
Son article fait la part belle au coltan, en donnant quelques précisions sur l’utilisation qui est faite de ce minerai réputé pour ces caractéristiques particulières. C’est, entre autres, sa grande capacité de conserver un haut degré de charge électrique et son excellente résistance à la chaleur dans la fabrication des milliers d’engins, équipements et appareils électroniques, dont les téléphones mobiles, les ordinateurs portables et les engins spatiaux.
UN TABLEAU IMPRESSIONNANT
La RDC possède des gisements contenant une cinquantaine de minerais recensés, mais seulement une douzaine de ces derniers est exploitée: le cuivre, le cobalt, l’argent, l’uranium, le plomb, le zinc, le cadmium, le diamant, l’or, l’étain, le tungstène, le manganèse et quelques métaux rares comme le coltan. Le pays recèle plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10% de celles de cuivre, 30% de celles de diamant et plus de 70% des réserves de coltan (3/4 des réserves mondiales), un minerai qui entre dans la composition de produits de haute technologie.
En plus de réserves de minerais stratégiques, dont le germanium, la RDC dispose aussi de gisements significatifs encore inexploités d’or, de manganèse, de bauxite et de minerai de fer.
LE PARADOXE DES RICHESSES
Les révélations du magazine New African permettent d’asseoir les mobiles réels des guerres récurrentes qui continuent à fragiliser le processus du retour de la paix en RDC. De même que les raisons de la grande ruée vers la RDC dont l’Occident et la Chine ont fait montre.
Disons-le tout de suite, peser 24.000 milliards USD, ce n’est pas une mince affaire. Un tel poids, en termes de numéraires, ne peut que raviver les appétits gloutons de tous les grands du monde mais en même temps cerner l’intérêt de la RDC sur la scène internationale.
Quoique virtuelle, cette situation devrait plutôt pousser les dirigeants à un sursaut de patriotisme doublé de responsabilité aux fins d’arriver faire vendre la RDC à sa vraie valeur à l’extérieur. Toujours est-il que les révélations de Valerie Noury restent un cas de conscience. C’est une véritable interpellation pour un pays, potentiellement riche, mais ironiquement reconnu pauvre et très endetté. C’est l’univers d’une « République des inconscients ». Allusion faite au nouvel ouvrage du sénateur Modeste Mutinga « RD Congo, République des inconscients ».
Dans cet ouvrage, l’auteur revient sur cet éternel contraste entre un Congo potentiellement riche mais qui figure au 169ème rang dans l’Indice sur le Développement Humain du PNUD sur une liste de 177 pays dressée par le PNUD avec l’espérance de vie la plus basse (43 ans). La RDC présente aussi l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés (un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans).
Cette inconscience des dirigeants et de l’élite de la RDC ne ferait-elle le lit de la convoitise des voisins moins nantis ? Plusieurs études ont prouvé que les tentatives visant à mettre la main sur ces ressources naturelles de la RDC, dont les mines, figurent parmi les raisons des tensions récurrentes dans la partie Est, notamment les deux guerres de 1996-1997 et de 1998-2003. Les enquêtes des panels de l’ONU sur leur exploitation illégale par des réseaux d’élite en RDC, dans les pays voisins et dans les pays de l’OCDE, ont démontré que les revenus des ressources minières et forestières ont été utilisés pour financer ces conflits.
MESURER LES ENJEUX
De loin où elle se trouve, la Chine a pris conscience du poids stratégique de la RDC. Tout de suite, elle a noué un partenariat d’investissements en infrastructures contre des concessions minières. Etait-elle au courant des révélations rendues publiques aujourd’hui par New African ?
Au pays, tout le monde a applaudi sans en mesurer les vrais enjeux. La chine, à l’instar de l’Occident manquerait-elle d’ambition concernant la mainmise sur les richesses minières de la RDC.
La RDC est une puissance financière en devenir. Les capacités, le pays les possède certainement. La valorisation de son potentiel minier passe par l’ouverture à l’extérieur par divers partenariats. Avec comme préalable, l’assainissement de l’environnement des affaires. Ce qui constituerait un véritable attrait des investissements directs étrangers.
Or, sur ce point précis que la RDC patauge et peine à se débarrasser du vieux démon qui le classe dans la queue de peloton du rapport Doing business de la Banque mondiale en matière du climat des affaires. Seul un éveil national doublé d’un recadrage de sa ligne politique pourrait permettre à la RDC de rebondir sur la scène internationale et y jouer véritablement le rôle qui doit être le sien.
Notons cependant que le gouvernement s’est montré réticent sur les révélations de New African. En fait, joint au téléphone par notre rédaction pour réagir à cette publication, un conseiller du ministre des Mines ayant requis l’anonymat a fait savoir qu’il ne faudra pas se fier de manière aveugle aux révélations du magazine londonien. Selon, il faut faire un distinguo entre les réserves certifiées et les réserves estimées. Le débat est donc ouvert.
Kinshasa, 17/09/2010 (LP/MCN, via mediacongo.net)
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