mardi 21 juin 2011

コンゴはメディアに無視されている? absence de la RDC dans les médias ?

ネット情報誌『Afriarabia』にNGO「Oxfam」のコンゴ代表マルセル・ステッセルMarcel Stoessel氏とのインタヴュが乗っていた。Oxfamは世界規模のNGO。日本にも支部がある。『メディアに忘れられた戦争』というタイトルでRDCコンゴの武力闘争を語る。
「2006年9月から翌年4月までの8ヶ月間のメディアでのコンゴの武力闘争に関する報道は1327件であった。これはアフガニスタンの29987件、イラクの43589件等に比べて極端に低い数値である」。誰がどう計算したか数字の根拠がわからない。数字を拾った時点も既に5年前であって古すぎる。またアフガニスタン、イランともアメリカが参戦している戦争である。RDCコンゴの武力闘争は、背景にアメリカがちらついたとしても、アメリカが直接戦争に軍隊を送っているわけではない。この違いは大きいが、ステッセル氏はそれには言及しない。しかし、「第一に、紛争地点が辺境に偏ってきている。即ちオリエンタル州では、州都であるキサンガニ(コンゴ第3の都市)から遥かに離れたウガンダ国境の上ウエレ地方が中心になってきている。多くのジャーナリストには時間も資金もないので、陸路を数日間かけて現場まで取材できない。それに携帯のネットワークもない地点であることも屡である」。交通手段(特殊な四駆や小型飛行機かヘリコプタ)+衛星通信など自前の通信手段を用意しないと十分な報道ができない。アメリカ人がいない戦争にCNNも金をかけないだろう。人道だけではアメリカもフランスも介入しない。1994年のルワンダ虐殺は見過ごされた。紛争地帯としての南北キヴ州でも州都ゴマ市やブカブ市では戦闘がない。あるのはサバンナや森林地帯、山間部である。しかし、別の見方をすれば、紛争が僻地・辺境に追いやられている、といえるから、紛争終結が遠くないことを示唆しているのではないか。
「第2に、国内難民も親戚縁者の家庭で迎えられ、キャンプに収容される例が少なくなってきている。キャンプだとセンセイショナルで報道しやすい」。たしかに何万人もの難民がキャンプに入って生活していると、世界の目を集めることができる、しかし、これも裏をかえせば、国内難民の数がかなり限定していることを示す減少ともいえる。村々の家庭で受け入れられる難民の数は限られている。
「第3に、コンゴの武力闘争は複雑で、白黒がはっきりしない。既に15年以上にわたってドンパチをやっている。報道に飽きがきている。ドラマチックな進展がないからである」。かといって、ニュース・バリューを作るための誇大宣伝はとんでもない誤解を生むのである。たとえば、RDCコンゴでは毎日1000人以上の女性が犯されている。強姦数世界一といった報道だ。コンゴのいたるところで女性が被害にあっているように受け取られる。全くの誤解である。特に本ブログの最新号でMonuscoの役割で紹介した外国軍、とりわけウガンダ系LRAの暴行が大きく報道されたが、彼らの跋扈する地域は狭められてきている。
では、どうメディアが報道すべきか、ステッセル氏は、
「数字の裏に隠されている真の人道的意味を問い直すことだ。また既存のメディアだけに頼らず、「市民ジャーナリスト」(一般市民が現場からニュースを発信する)のメディア参加、faceboookやtwitterの利用などを積極的にとりいれることだ」という。僕はそれができれば越したことはないと賛成する。しかし、去年6月カタンガ州東北部のドゥビエに行ったときに訪れたピグミ(この場合はセミ・バントゥ)の国内難民部落のことを考えると世界のメディアに訴えるのは容易ではない。そこのピグミは、複数の巨大NPO(たとえば「国境なき医師団」)からも直接戦闘地域ではないと援助を切られたし、国連も知らないふりをしている。人道的援助を細々としているのはカトリックの「フランシスコ会」の修道女だけである。メディアに取り上げてもらうには、集団餓死や集団婦女暴行などの犠牲が必要なのだろうか。ステッセル氏の話はいちいちもっともなことが多いが、世界的規模を誇るNGO「Oxfam」自体のメディアに対する反省はなにもなかった。わがNPO「日本カタンガ協会」にいま少しの資金があれば、活動をもっと活発化できるのだが、、、。
(Oxfamは英国起源のNGO。1942年設立。活動範囲は世界に広がっている。日本事務所もある)。
RDC : Le conflit oublié des médias

La République démocratique du Congo (RDC) est-elle maudite ? Depuis plus de 15 ans cet immense pays d'Afrique centrale cumule les conflits et les drames humanitaires... dans l'indifférence générale. Pourquoi les médias internationaux sont-ils plus prompts à couvrir la guerre en Libye, le conflit en Irak ou en Afghanistan, que la catastrophe humanitaire en cours en RDC ? Explications sur un pays plongé dans un "trou noir médiatique".

Trop long, trop compliqué, trop loin, trop cher à couvrir pour les journalistes, le conflit oublié en République démocratique du Congo (RDC) ne mobilise pas les médias... et donc pas les opinions publiques. Pourtant ce vaste pays, grand comme 5 fois la France, en plein coeur de l'Afrique, est un concentré de catastrophes divers : plusieurs guerres à répétition, des millions de morts (2, 3 ou 4 millions ?), 1,7 million de réfugiés, le viol de masse utilisé comme arme de guerre, l'enrôlement de milliers d'enfants soldats, le pillage des ressources naturelles, un Etat défaillant dans le top 10 des pays les plus pauvres au monde... voici le rapide portrait de la situation en RDC. Pourtant, les médias ne semblent guère y prêter attention alors que 18.995 casques bleus de l'ONU sont sur place pour la plus importante opération de maintien de la paix au monde. Afrikarabia a demandé à Marcel Stoessel*, responsable de l'ONG Oxfam en RDC, de nous éclairer.

- Afrikarabia : Qu'est-ce qui explique l'absence de la RDC dans les médias malgré une situation humanitaire extrêmement préoccupante ?

- Marcel Stoessel : Tout d’abord, j’aimerais confirmer les deux affirmations que vous faites : une situation humanitaire préoccupante, et une certaine absence de la RDC dans les médias. Cette absence est assez choquante. Une recherche récente a montré qu’entre septembre 2006 et avril 2007, il y avait 1.327 articles référencés sur la RDC, 19.946 sur Israël et les territoires occupés, 29.987 sur l’Afghanistan, et 43.589 sur l’Iraq. Pour moi, il y a plusieurs raisons à cela :

Premièrement, la population qui souffre se trouve aujourd’hui, dans des zones très isolées du pays, comme en Haut Uélé, à Shabunda, ou à Fizi. Il est très difficile et coûteux pour les humanitaires ainsi que pour les médias d’y accéder. Les problèmes de sécurité et de logistique sont des barrières importantes. J’ai récemment visité un de nos projets humanitaires dans un village au Nord de Niangara, en Haut-Uélé (au Nord-Est de la RDC). Il nous a fallu plusieurs jours pour arriver à Niangara, et une fois sur place nous n’avons pas vu un seul véhicule de toute la journée. Souvent les journalistes n’ont pas les moyens financiers et le temps pour se déplacer dans ces zones reculées. Ils sont donc forcés de travailler dans les régions plus proches de Goma ou Bukavu (les principales villes de la région). Dans certaines zones il manque aussi de réseaux téléphoniques et il est donc difficile d’informer les journalistes sur la situation humanitaire.

Deuxièmement, les personnes déplacées vivent aujourd’hui principalement dans des familles d’accueil et non pas dans des camps de déplacés. En cas de crise, les familles congolaises accueillent très souvent leurs sœurs et frères réfugiés. Ce n’est pas une mauvaise chose, bien entendu. Mais la souffrance des personnes vivant dans des familles d’accueil est visuellement moins impressionnante que lorsqu’il s’agit de grands camps de déplacés. Il est plus "spectaculaire" pour les journalistes de faire des photos ou de tourner des vidéos dans ces immenses camps. Aujourd’hui, les femmes, les enfants et les hommes souffrent loin des caméras, mais cela ne veut pas dire que leur souffrance soit moindre.

Troisièmement, les conflits en RDC sont compliqués. Il est plus facile d’expliquer un conflit binaire « A contre B » dans un contexte comme la Libye ou en Côte d’Ivoire que de parler de la pauvreté, de la mauvaise gouvernance, de dizaines de groupes armées, des ressources naturelles, des tensions intercommunautaires... Je pense aussi qu’il y a une certaine fatigue avec la RDC, parce que la situation ne semble pas s’améliorer significativement tout au long de ces années. Pourtant, ce n’est pas vraiment exact : il y a des solutions et la situation dans certaines zones s’est améliorée ces dix dernières années. Mais il faut une analyse approfondie et surtout, il faut de la patience.

- Afrikarabia : Que faudrait-il faire pour que ce conflit soit mieux couvert par les médias ? Faut-il adopter d'autres stratégies ?

- Marcel Stoessel : Je pense qu'il faudrait sortir des statistiques et commencer par parler des êtres humains, derrière les chiffres. Il faudrait pouvoir montrer la famille qui a accueilli chez elle cinq autres familles déplacées suite à une attaque d’un groupe armé ; la responsable d’une organisation locale qui a réussi à améliorer la sécurité du village en parlant avec le commandant local de l’armée ; le staff local d’Oxfam qui doit même réparer des pistes d’atterrissage et des ponts avant de pouvoir délivrer l’assistance, etc... Le célèbre photographe de mode Rankin est déjà venu deux fois en RDC pour raconter ces histoires très humaines, très concrètes... et nous devons continuer dans cette direction. Nous avons aussi un projet de « citoyen journaliste », qui devrait permettre à ces populations enclavées de raconter directement et sans censure leur quotidien. Les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ont un potentiel énorme pour mettre en contact des personnes des pays "développés" avec des Congolais. Il y a donc des solutions pour sortir du "trou noir médiatique". C’est notre devoir moral de continuer à tenter de le faire.

(*) Marcel Stoessel est le directeur d'Oxfam en République démocratique du Congo depuis 2 ans et demi. Cette ONG intervient dans l'humanitaire, mais aussi dans le développement durable et les plaidoyers auprès des décideurs politiques ou économiques. En RDC, Oxfam travaille sur l'accès à l'eau, l'assainissement, l'hygiène, la sécurité alimentaire, la protection des populations et l'éducation.

Propos recueillis par Christophe Rigaud
POSTED BY DAVID YOSHI TANABE AT DIMANCHE, JUIN 19, 2011 0 COMMENTS LINKS TO THIS POST

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